Détention de Roland Marchal et Fariba Adelkhah en Iran

Liberté scientifique et risques du métier: la recherche comme profession

Rencontres européennes
23-24/09/2021

Liberté pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal, prisonniers scientifiques en Iran.

Tribune du 11 février 2020

Captifs sans motif : figures contemporaines du prisonnier et de l'otage

Podcast de la rencontre en faveur de la libération de Fariba Adelkhah et de Roland Marchal

Séminaire Sociologie et anthropologie sociale du politique - Fariba et Roland : penser en pensant à eux

Podcasts des séminaires

N55 | 2021

Sociétés politiques comparées, 55, septembre/décembre 2021

Varia

« Celui qui indique du doigt nest pas toujours le plus fort ». La domination politique au prisme du journalisme radio au Gabon

Vincent Sima Olé

Cet article propose de penser l’exercice de la domination politique dans une situation autoritaire à partir de l’analyse des pratiques professionnelles des membres d’une radio communautaire gabonaise basée à Libreville : Mapane FM. Partant du postulat que le travail et le politique procèdent par hybridation, l’article explore les imaginaires et les représentations qui nourrissent des formes d’autocensure inscrites directement dans les pratiques quotidiennes des journalistes radio. Il s’intéresse aussi bien aux conceptions locales du métier de journaliste qu’aux règles qui régissent la prise de parole à la radio, afin de réfléchir plus largement aux modalités de (re)production d’une situation autoritaire. Tentant d’aller au-delà du diptyque opposant un journaliste fondamentalement opposé au régime politique en place à un journaliste fidélisé et au service de la classe politique, l’article souhaite restituer la complexité des relations qu’entretiennent les acteurs médiatiques avec le champ politique. S’appuyant sur des entretiens et des observations, il montre finalement comment des logiques politiques et professionnelles se combinent pour forger un ethos particulier de l’animation radio au Gabon, pays aujourd’hui peu étudié par les politistes.

(Un)Free Writings. Practices of Writing in/about Incarceration in Indian Prisons

Riddhi Pandey

Les écrits de prison sont des artefacts écrits, produits par des personnes incarcérées qui relatent leur expérience d’emprisonnement. Ces écrits prennent souvent la forme de lettres, d’essais, de poèmes, de journaux de prison, de manuscrits de livres, etc. Cet article étudie les écrits issus de prisons indiennes sous trois angles distincts : en tant que genre, en tant que pratique et en tant qu’objets matériels ou artefacts. Sur le plan méthodologique, cet article combine l’analyse interprétative de plus d’une douzaine de textes, dont la plupart sont des écrits de prison publiés, mais aussi quelques inédits, et des entretiens approfondis avec quatre écrivains sur leurs expériences de production d’écrits sur leur vie en prison. En fin de compte, l’article montre que, contrairement à leurs auteurs emprisonnés, les écrits de prison ont leur propre vie, relativement libre. Les écrits de prison deviennent le moyen par lequel les personnes incarcérées peuvent exprimer leur résistance, protester contre la répression qu’ils subissent, proclamer leur innocence et s’engager dans le monde extérieur, même si leurs auteurs ne sont pas libres.

Charivaria

Les risques d’un métier : être chercheur en 2021

Roland Marchal

Les institutions de la recherche changent et notre métier change aussi, tant il est ballotté par différents courants et demandes sociales. Depuis une vingtaine d’années, l’accès au terrain et le financement de la recherche sont soumis à de nouveaux dispositifs qui posent problème. La question du risque et celle de la responsabilité civile de l’institution qui emploie le chercheur sont devenues premières mais sans que le chercheur ne soit réellement associé à cette évolution. En effet, l’évaluation du risque physique est octroyée à des instances différentes, mais souvent de plus en plus éloignées du monde de la recherche et désireuses d’affirmer leurs propres priorités. Cette transformation, qui induit un contrôle plus grand de l’activité du chercheur et une bureaucratisation de son univers, va paradoxalement de pair avec une mutation des financements qui font la part belle aux projets circonscrits dans le temps qui peuvent inciter les chercheurs au statut le plus fragile ou précaire à prendre plus de risque sur la méthodologie, mais aussi sur sa sécurité physique.

Liberté, censure, autocensure : les défis de la recherche Un hommage à Fariba Adelkhah

Peter Geschiere

Lors de ma conférence d’introduction à une rencontre européenne pour soutenir Fariba Adelkhah, privée de liberté depuis plus de 800 jours par le régime iranien, et son combat pour la liberté de la recherche académique, j’ai analysé les contraintes que j’ai eues à expérimenter dans mes recherches de terrain. Rétrospectivement, un thème central pour moi a été le glissement facile de la censure vers l’autocensure. Noam Chomski et, après lui, Johan Coetzee avaient déjà prévenu qu’un tel glissement est d’autant plus effectif qu’on n’en est guère conscient. Dans mon cas, des expériences intimes lors de mon premier stage de terrain en Tunisie en 1968 qui semblaient menacer « la continuité de mes recherches » – véritable mantra durant ce stage – m’ont fait censurer mes choix ultérieurs de thèmes de recherche avec une évidence qui me paraît rétrospectivement assez étonnante. Les réalités postcoloniales ont joué un rôle dans ce contexte, imposant des conclusions plus ambiguës concernant les rapports de pouvoir sur le terrain que le self-reflexive turn de l’anthropologie actuelle ne le suggère. De ce point de vue, l’oeuvre de Fariba Adelkhah est riche d’enseignements par la sensibilité de ses approches sur le terrain et la subtilité de ses analyses.

Rencontres européennes - Paris, 23-24 septembre 2021

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"Liberté scientifique et risques du métier :
la recherche comme profession"

XIIe Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques
Hôtel de Ville de Paris  et CERI-SciencesPo

Voir l'ensemble du programme

Jeunes Recherches

Gouverner l'incertitude : les walis de Casablanca (2001-2015)

Nadia Hachimi Alaoui

Thèse de doctorat en science politique présentée à l'Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence Aix-Marseille Université, Ecole doctorale Sciences Juridiques et Politique CHERPA, et dirigée par Béatrice Hibou et Mohamed Tozy

Date de soutenance : 17/12/2019

Le capitalisme de connivence au travail. Gouverner la main d’oeuvre étrangère ou le travail illibéral à l’île Maurice. Lucas Puygrenier

Lucas Puygrenier

Master science politique, mention politique comparée, Institut d'études politiques de Paris, école doctorale de Sciences Po.Mémoire co-dirigé par Richard Banégas, professeur (Sciences Po - CERI) et Béatrice Hibou, directrice de recherche (CNRS - CERI)

Date de soutenance : 04/06/2019

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